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Justice, grâce, salut : Dikaiosyne, Charis, Soteria
Termes et mots414 words

Justice, grâce, salut : Dikaiosyne, Charis, Soteria

Trois termes liés chez Paul et dans les Psaumes, qu'il ne faut pas opposer trop simplement. Charis est le don, dikaiosyne la rectitude devant Dieu, et soteria le salut au sens plein.

Dikaiosyne (δικαιοσύνη) se traduit souvent par « justice » ou « droiture ». Dans l'Écriture, cela signifie plus qu'une morale privée : il s'agit d'une juste relation d'alliance dans laquelle Dieu remet l'homme à sa place devant lui. Charis (χάρις) est la grâce, le don immérité qui commence en Dieu. Soteria (σωτηρία) désigne le salut au sens large : pardon, sanctification et orientation vers la vie éternelle.

Ne pas opposer Paul et Jacques à partir d'un seul mot

Les lettres répondent à des questions différentes. La foi catholique lit la foi et les œuvres dans un même mouvement de grâce. L'étymologie aide à voir que le mot « justice » dans l'épître aux Romains n'a pas exactement la nuance de nos slogans modernes, mais l'étymologie ne remplace pas la doctrine.

Colombe et lumière — don de charis
La grâce est le don de Dieu qui nous transforme pour une justice réelle, et non seulement extérieure.

Entendu dans la liturgie

De nombreux chants et prières liturgiques parlent de grâce, de salut et de justice. Ces termes se comprennent mieux dans l'ensemble des lectures dominicales que comme un vocabulaire isolé coupé de la prière et du culte.

Soteria : le salut comme chemin déjà présent

Dans plusieurs passages du Nouveau Testament, soteria renvoie à un salut déjà à l'œuvre : Dieu sauve son peuple du péché, de la mort spirituelle et de la ruine finale. Cela aide à lire Paul sans fabriquer une fausse opposition entre « Paul ne parle que de grâce » et « Jacques ne parle que d'œuvres ». Des mots différents servent un même don de salut qui demande une vraie réponse dans la vie.

Dikaiosyne et justice sociale

Dans l'Ancien Testament, la justice de Dieu va souvent de pair avec le souci des pauvres et des marginalisés. Ainsi, lorsque ce terme grec est appliqué à la vie chrétienne d'aujourd'hui, il ne faut pas réduire la justice à un simple statut intérieur en oubliant la responsabilité communautaire.

Étude sûre : ne pas faire du “grec pop” tout seul

Quand quelqu'un affirme : « le grec veut vraiment dire... », il est bon de demander si un bon lexique ou un commentaire solide appuie cette lecture. Un seul lemme ne décide pas à lui seul du sens de l'épître aux Romains ; la phrase, le passage et la lecture de l'Église au fil du temps comptent aussi. L'étude sérieuse des mots appartient à la liturgie et à la doctrine, là où le vocabulaire du salut se lit le plus honnêtement.

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Questions et réponses

La justification n'est-elle qu'un terme polémique occidental ?
L'histoire est plus complexe. La doctrine catholique parle de la grâce et de la coopération avec la grâce ; le Catéchisme donne le cadre le plus sûr.
Soteria ne parle-t-il que de l'au-delà ?
Non. L'Écriture emploie ce mot pour le salut présent et futur : pardon, guérison de la communion et espérance finale.
Charis a-t-il un lien avec le mot anglais charm ?
Non pas dans le sens biblique qui nous intéresse ici. Charis renvoie à la grâce divine, non à un charme superficiel.
Faut-il apprendre le grec pour comprendre l'épître aux Romains ?
De bons commentaires suffisent à beaucoup de lecteurs. Apprendre le grec aide si l'on se sent appelé à une étude plus approfondie.